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Tristesse et mélancolie

Je n’ai pas réussi à publier de billet la semaine dernière, ni à être bien active sur les réseaux sociaux, gagnée par une certaine mélancolie.

Voyez-vous, je suis de ceux qui considèrent que nous sommes tous égaux, que les frontières ne sont pas des murs, qu’aider son prochain, c’est s’aider soi-même.

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En septembre 2015, des milliers de migrants affluaient en Europe, risquant leurs vies pour échapper à la guerre, la persécution, la faim, etc. Des groupes se mettaient en place pour venir en aide à ces personnes, arrivant sur les côtes grecques. Des collectes de fonds pour acheter des sacs de couchage, des vêtements chauds, des tentes, de la nourriture, etc. Des associations et des particuliers prenaient place sur le terrain alors que les dirigeants de l’Europe cherchaient comment mettre un terme à cette arrivée massive de migrants.

A cette époque, je vivais une fin de grossesse difficile, je déménageais… Je me disais que je contribuerais à cette aide qui se mettait en place lorsque les choses se seraient calmées, quand mon bébé serait arrivé et que ma famille aurait retrouvé sa sérénité.

Mi-octobre, mon bébé est né. A la maternité, je continuais de regarder les actions mises en place, les appels à l’aide, les témoignages terrifiants de bénévoles sur place. Je n’en revenais pas. Comment cela pouvait se produire aujourd’hui, aux portes de chez nous ? Et dans l’indifférence totale ??? J’ai vu comme tout le monde les images de bébés morts. J’ai pleuré. En quoi ces familles sont-elles différentes de la mienne ? Comment fait-on pour ne pas s’émouvoir devant l’histoire de parents si désespérés qu’ils sont prêts à risquer la vie de leurs enfants sur des canots pour rejoindre l’Europe.

Ah elle est belle cette terre d’asile ! Quel accueil sur l’ancien continent ! Lorsque les survivants du voyage débarqueront, autant leur mettre des panneaux tout de suite « CREVEZ ! ON N’EN A RIEN A FOUTRE DE VOTRE SORT ! ».

Bref, je ne pouvais pas rester sans rien faire et si je ne peux pas changer l’attitude des gouverneurs, ni me rendre sur place pour faire un câlin à tous ces enfants, faire en sorte qu’ils soient désormais en sécurité, etc., je peux agir à mon niveau. TOUT LE MONDE peut le faire. J’ai donc commencé à collecter des dons chez moi. J’ai été, d’ailleurs, épatée par la générosité des donateurs autour de chez moi. Rapidement, je cherchais une solution de transport pour tous ces vêtements chauds destinés à ceux qui passaient des nuits dehors, qui affrontaient le froid et la pluie tous les jours (toujours dans l’espoir de trouver un pays où ils pourraient offrir une vie meilleure à leurs enfants).

Puis, il y a eu les attentats du 13 novembre 2015. Avant, on ne parlait pas encore énormément des migrants, maintenant, on les craignait. Des terroristes se faufileraient dans les rangs des demandeurs d’asile et profiteraient pour passer ni vus, ni connus. C’est tout à fait envisageable, bien sûr ! Sur des centaines de milliers de personnes fuyant l’horreur, il y a forcément des gros bâtards. Regardez, je vis dans un village de 1000 personnes. Il y a des gens bien et des gros cons. Heureusement, on ne va pas tous nous mettre à mort pour autant.

Mais bon, c’est un bon prétexte pour durcir le ton, fermer les frontières, « se protéger ». Les grands « penseurs », pensent-ils qu’en traitant des peuples ainsi nous nous faisons des amis ? Ou pourrait-on envisager que notre réaction face à l’afflux de réfugiés puisse créer des problèmes d’entente d’une ampleur qui nous dépasse complètement ? Pourraient-ils se mettre à la place d’un père de famille qui regarde ses enfants dépérir dans la boue tandis que toutes les portes se ferment ? Qui, dès lors qu’il lève la voix pour faire entendre qu’ils sont des êtres humains, se prend du gaz lacrymo dans la face ? Se fait enfermer ?

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Enfiiiiiin. Je suis dans l’incompréhension totale et je ressens une telle tristesse de voir des êtres humains traités comme de la merde. Je ne fais vraiment pas grand chose mais tous ensemble, nous apportons un peu de réconfort.

  1. Nous montrons que nous ne tournons pas le dos, que nous nous sentons concernés.
  2. Une paire de chaussettes : ce n’est rien mais c’est la possibilité de mettre des pieds froids et mouillés temporairement au sec.
  3. Des paquets de riz, de fruits secs, etc. ça part vite. Mais tous ensemble, on peut nourrir des régiments, sans se ruiner

On peut tous donner : du temps, des vêtements, du matériel, de l’argent… Il y a tellement de façons d’aider. On a tous des vies bien remplies mais le temps se trouve.

Quand je publie des informations sur la situation sur mon compte personnel Facebook, je m’étonne de voir que très peu de personnes réagissent. Et ce sont toujours les mêmes. Je suis heureuse de partager le sentiment d’être concerné avec ces personnes. Je me demande ce que pensent les autres… Ils s’en fichent ? Je les gave avec mes publications ? Ils sont submergés par les émotions et ne savent pas comment réagir ?

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Je veux qu’on se bouge ! Qu’on s’indigne ! Ca me rend malade cette impression que les gens ferment les yeux… Et c’est ça qui m’a laissée un peu dépitée, découragée récemment. Mais bon, ce n’est pas le moment de manquer de courage. Il y a des actions à mettre en place, des familles à aider et de la chaleur à donner…

 

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3 réflexions au sujet de « Tristesse et mélancolie »

  1. Je suis émue, vraiment très émue par ton article. Je suis outrée de voir l’actualité, ces enfants qui meurt de faim et de froid à nos portes et nous qui ne faisons rien. Nous sommes censés être la terre d’asile, le pays des droits de l’homme. mais uniquement s’il a des papiers visiblement.
    Je crois que nos gouvernement et nos concitoyens qui ferment les yeux ont la mémoire drôlement courte. Nous avons nous aussi Français eu besoin d’asile il y a des années de cela, lorsque notre pays est tombé sous l’oppression nazie, nous étions ravie de voir que certains acceptés de laisser passer, et que les Etats unis viennent nous aider.
    Aujourd’hui nous sommes incapables de rendre la pareille, parce que nous avons peur du terrorisme, soit mais aussi parce que nous avons trop peur que ces gens nous prennent tout nos beaux privilèges, qu’ils nous prennent nos emplois.
    Il suffirait pourtant seulement de tendre la main, un kilo de riz, un pull trop petit des enfants, des choses qui coutent si peu pour nous et qui représentent tellement pour eux.

    J’espère sincèrement que le monde va ouvrir les yeux, et que si un jour notre tour vient, si un jour nous devons fuir nous aussi pour la vie de nos enfants et la notre, nous ne trouverons pas porte close.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beauoup pour ton commentaire ! Je pensais avoir répondu mais je ne vois rien… Je partage ton émotion. Je ne comprends pas comment on peut leur tourner le dos. Et le laisser-faire n’est pas mieux. De plus en plus de monde se bouge. C’est chouette. Nous devons faire porter nos voix pour ne pas laisser les gens pleins de haine, de peur, d’idées primitives parler plus fort que nous. A notre tour de jouer du #pasenmonnom
      Bonne journée à toi et plein de belles choses.

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